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REFLEXIONS. Tant que nous confinons, plus ou moins, faisons des provisions.

  • laurenttrail94
  • 26 nov. 2020
  • 3 min de lecture

L’appétit pour le risque est, à juste titre depuis 3 semaines, revenu pour rester mais ne sommes-nous pas allés trop loin dans celui pour le risque bancaire ? Le secteur bancaire a rebondit massivement à la faveur de la convergence de bons résultats pour le T3, d’un CT1 qui s’affiche à 14.87% (à fin juin selon la BCE), de liquidités toujours aussi massives de la part de la BCE que ce soit sous la forme du LTRO ou du QE, sans oublier les plans de soutien et de garanties des Etats européens envers les sociétés qui subissent la pandémie. Ajoutons un retour du M&A avec son cortège d’espoirs induits d’une stabilisation de l’environnement concurrentiel ou d’une baisse des coûts, et les rois mages ne pourraient qu’arriver avant l’heure : Le 10 décembre, journée de réunion de la BCE, pour annoncer le retour des versements de dividende par les banques ! Je crains qu’il ne faille pas partager la galette aussi vite.


Comment concilier le discours aujourd’hui du chef économiste de la BCE, Philip Lane, sur le durcissement des conditions de crédit dans la zone € au T3, celui de Kirstin af Jochnick, membre du conseil de surveillance de la BCE, sur les risques induits par un credit crunch, en l’absence de soutien de la part des Etats et celui de Luis de Guindos, vice-président de la BCE, sur la caractère nécessairement temporaire de la suspension, justifié par le manque de visibilité sur le rebond de la croissance? Sinon que le 10 décembre, la BCE comme les différents chefs d’Etats européens pencheront plutôt par excès de prudence que de confiance, afin d’offrir un front uni sur l’impossibilité d’un retour à la normale à court terme. C’est probablement dans ce contexte que l’interview de M. Yves Mersch, vice-chairman du CS de la BCE, dans le FT d’hier est à apprécier : un retour en 2021, oui mais selon un calendrier à déterminer une fois que les supports et garanties des Etats seront terminés. A chacun donc son interprétation mais il peut être judicieux d’attendre le S2 2021, qui plus est une fois les résultats du stress test imposé par la BCE aux banques européennes connus.


Et cela peut paradoxalement faire l’affaire des banques, qui privilégieront l’aspect stratégique de la consolidation (bilans, marchés) à l’opportunisme d’un cours de bourse en hausse. Ceci pour se libérer de la tutelle pesante des banques centrales en restaurant une bonne fois pour toute un bilan forteresse qui leur permette de mener fusions et rachats à un rythme accéléré, plutôt que de financer toute acquisition par de nouvelles ventes d’actifs, si le bilan est contraint. A défaut de dividende, et une fois la déception digérée, cela devrait suffire courant S2 2021 à alimenter un retour de l’attrait pour le secteur bancaire, que ce soient pour les cibles mais surtout les prédateurs.


La question ne concerne pas que les banques, l’itraxx crossover à 5 ans est revenu proche de ses plus bas niveaux à 260 pb à comparer à une moyenne de 262 pb exactement pour l’année 2019, signe que nous serions dans un marché du high-yield normalisé. Acceptons les arguments liquidités alimentés par le QE, les nouveaux entrants (multiplications de fonds crédits), l’absence d’alternatives, l’espoir de rebond de la croissance en 2021, mais cela est contradictoire avec les banques centrales hollandaises et italiennes qui enjoignent les banques à accroitre leurs provisions au regard du fort risque de remontée des défauts en 2021.


La recherche de rendement nous conduit naturellement à relire « Tintin au pays de l’or noir ». Assoiffés par l’absence de coupons, nous comme les Dupont et Dupond sommes prêts à céder aux mirages, alors que Tintin en reporter avisé préférait s’intéresser et s’attaquer aux difficultés que rencontrait le secteur pétrolier. Continuons sur sa lancée : le rendement est offert par les utilities et groupes énergétiques pour rémunérer les nombreux risques (transition, CAPEX, géopolitique) et ce quelle que soit la volatilité à la hausse ou à la baisse du sous-jacent (pétrole, gaz, électricité) quand les banques n’ont pas encore démontré leur capacité à résister dans un environnement où les taux devraient soit être plus volatils à la baisse (taux plus fortement négatifs) ou en fort rebond (repentification forte de la courbe).


A bientôt.

 
 
 

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