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REFLEXIONS. L’existence précède l’essence.

  • laurenttrail94
  • 21 mai 2020
  • 3 min de lecture

Les qualités d'analyste pétrole de JP Sartre ne sont pas questionnables quand il affirme que "l'existence précède l'essence". Sa qualité de géologue peut-être : L'essence était là avant que l'espèce humaine arrive et elle lui survivra. Mais il a raison si nous analysons qui de l'offre ou de la demande fixe le prix du baril. La question de l'offre est une fonction purement technologique: il y a 30 ans nous évoluions dans un univers contraint, avec des capacités de production limitées et circonscrites, ne connaissions pas le gaz de schiste ou tout au moins nous ne pouvions pas l'exploiter. Aujourd'hui il assure l'indépendance énergétique des USA et nous pouvons constater que tout pays, dépendant des CAPEX qu'il veut bien réaliser peut produire du pétrole. Il n'y aura jamais de problème d'offre mais seulement de volonté d'utiliser le progrès technique et technologique observé dans l’équipement pétrolier pour faire basculer la balance de l'équilibre offre / demande dans un sens ou dans un autre. La réponse est politique et écologique davantage qu'économique.

La crise économique induite par l'effondrement du cours du pétole au Moyen-Orient (voir le plan d’économies annoncé hier par l’Arabie saoudite) ne ferait pas le jeu des USA, la crise mène plus rapidement à la guerre que l'abondance. Pas plus qu'elle aide une économie russe exsangue à investir dans ses services publics ou l’Afrique et le Latam à faire face aux revendications d’une population croissante. Les vrais bénéficiaires demeurent l'Asie consommatrice, la Chine en premier, suivie de l'Inde, et ensuite l'Europe. Mais dans un monde que l'on veut décarboné, un prix de l'essence en hausse est un prix que l'on paie volontiers en Europe pour que l'on encourage les investissements dans le renouvelable.

Ce qui fait sens ou ce qui fait l’essence, Aron ou Sartre ? Préférons comme nos parents avoir tort avec Sartre, ou raison avec Aron ?

Appliquer la théorie de l’existentialisme à la détermination du prix du baril ne me semble pas une plus mauvaise solution que n’importe quelle autre, si nous considérons la difficulté d’accepter qu’un prix du baril puisse être négatif. Cela fera l’objet d’un prochain Réflexions (ne pas payer mais être payé pour posséder. La propriété était un privilège, elle devient un coût…).


Quel paradoxe quand on pense au destin entre l’or noir et l’or jaune, reflet de cette ressource dont pour l’une l’utilité est proche de 0 (hormis dans le dentaire et dans quelques applications technologiques) alors que l’autre est le déclencheur de la seconde révolution industrielle et notre principale source d’énergie.


Si nous appliquons par conséquent la thèse que le marché pétrolier détermine le prix en fonction de ses propres actions et n’est pas prédéterminé par des facteurs géologiques ou géographiques, nous acceptons que la raison soit secondaire dans la détermination du prix. Les producteurs de gaz de schiste continuent de forer, même si le rythme est moitié de celui de février à 338 puits, justifié pour partie par les engagements pris précédemment et par les difficultés d’arrêter l’exploitation de certains champs, mais ne l’est-il pas non plus dans une optique politique si la victoire éventuelle des démocrates lors des élections présidentielles imposait un moratoire sur l’exploration domestique ? L’existence de ces puits ne les rendrait pas contingente d’une négociation avec le nouveau Gouvernement. La politique cette fois encore l’emporterait sur le financier qui justifierait de ne pas exploiter, à perte, ces nouveaux puits. Et il ne s’agit alors même pas d’un pari sur le rebond futur du baril, comme j’ai pu le lire avec un prix pour 2021 toujours attendu à 46$ par le consensus vs 55$ il y a quelques mois. En décidant que ces puits existent, les exploitants, chacun individuellement décident par leurs actes qu’ils entendent aussi être maitre de leur destin.

En conclusion les deux marchés de l’or jaune et de l’or noir sont radicalement divergents dans une approche sartrienne : quand le prix, les volumes du premier sont déterminés par des facteurs culturels ou esthétiques (le bijou comme la monnaie ne sont pas une utilité réelle), il y a en quelque sorte un pré-déterminisme à la valeur de l’or jaune : nous acceptons que ce qui est rare soit cher. Dans le cas de l’or noir, les facteurs géologiques et techniques sont secondaires : le pétrole est présent partout, à chacun d’investir plus ou moins et de redistribuer plus ou moins cette richesse. La baisse depuis 3 mois du baril sert aussi à rappeler ce caractère purement politique, ce qui justifie aussi qu’à moyen comme long terme le prix rebondisse.

 
 
 

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